19 octobre 2012

Confiance et responsabilité ont de tous temps été reconnues comme de hautes valeurs morales. Elles sont cependant étroitement liées aux évolutions sociétales. Entre le moment où on se demandait à qui se fier en dehors de Dieu, et notre univers contemporain largement traversé par des discrédits de toutes sortes, elles ne posent pas les mêmes questions

Colloque 2012

Abordées traditionnellement sur un plan philosophique, sociologique, psychologique, politique, aujourd’hui de nouvelles approches, la théorie des signaux, la théorie des jeux, éclairent de manière inédite ces concepts. Que nous apprennent-elles ?
La confiance, c’est une attitude d’ouverture qui se rapproche du don. Accorder sa confiance à quelqu’un lui donne un certain pouvoir sur nous. Faire confiance, c’est s’en remettre à l’autre, et cela nous place dans un premier temps, dans un état de vulnérabilité, je ne sais pas si l’autre est fiable, s’il honorera la confiance que je lui fais. Est il digne de confiance, est il capable d’assumer cette responsabilité qui l’engage vis à vis de moi. La confiance est un exercice périlleux, c’est un pari qui nous situe entre le savoir et le non-savoir; c’est une hypothèse qui permet de se projeter dans l’avenir, je suppose que je peux faire confiance, mais rien n’est sur. La confiance en l’autre suppose une certaine forme d’abandon de pouvoir, de contrôle temporaire, pendant un laps temps où précisément, j’ignore quelle valeur a pour l’autre la confiance que je lui accorde, et cela se rejoue à chaque instant.
Pourquoi d’ailleurs respecter la confiance qui nous est faite ? La confiance est un crédit fait aux autres, on suppose qu’il a « tout intérêt » à ne pas trahir, elle est le fruit d’une longue série d’interactions répétées. Évidemment, longue à installer, elle peut s’évanouir en un seul geste ! Pour Kant, la confiance s’élabore à partir de notre capacité à tenir nos promesses, dans la force morale et impérative de la parole donnée. « Je te promets » suppose que « tu me promets à ton tour ».

La confiance implique la réciprocité. Elle suppose donc un engagement respectif entre personnes assumant leurs responsabilités. En quoi se distincte t elle de la solidarité, de la coopération ?

L’exercice est donc exigent, difficile. Comment l’articulation entre confiance et responsabilité s’ordonne entre parents et enfants, dans un couple, dans une fratrie, entre amis, dans les relations professionnelles, éducatives, thérapeutiques...

La confiance en soi se met en place dés le plus jeune âge, comment s’élabore t elle ? Comment reconstruire cette confiance en soi, en l’autre, en la vie, en l’humain après des expériences traumatisantes, comme par exemple un abus sexuel.

Sociologues, psychologues, psychanalystes, neuropsychiatres, philosophes, situations cliniques en direct tenteront au cours de ces deux jours d’apporter de éclairages à nos questions et de nous outiller pour nos pratiques professionnelles.

NICOLE PRIEUR

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