pourquoi des professionnels confirmés et formés rigoureusement ?

Si depuis la nuit des temps, les conflits familiaux sont incontournables, la réponse collective, qui s'exprime notamment par le droit, n'en est encore qu'à ses balbutiements. La Médiation, qu'elle soit volontaire, judiciaire, se développe de manière significative depuis quelques années. Elle montre l'intérêt d'une société pour un dialogue constructif qui peut prévenir la violence.

La famille est le premier lieu des conflits parfois violents que l'être humain peut rencontrer au cours de sa vie en société.
Sur ce thème, nous avons publié en avril 2004 un livre chez Denoël " Nous nous sommes tant trahis - amour, famille et fratrie ", Nicole Prieur.

Il devient presque banal de dire que le lien social s'effrite, que les lieux traditionnels de régulation des conflits sont en crise, crise économique, crise politique… autrement dit, nous connaissons une crise de légitimité des médiateurs naturels.

Revenons à ce qu'est un état démocratique : selon Paul RICOEUR, c'est un état qui ne se propose pas d'éliminer les conflits mais d'inventer les procédures leur permettant de s'exprimer et de rester négociables. Ce n'est que lorsque le conflit dure qu'il peut devenir pathologique en s'enkystant.

La Médiation, vieille comme le monde, face à de très nombreux dysfonctionnements va ainsi réapparaître et même être impulsée par des institutions comme la justice.
Dotée d'un cadre légal, la Médiation en France peut s'analyser comme une nouvelle culture de gestion des conflits qui cependant doit se transformer en un projet politique de changement de culture entre l'Etat, la société civile, la famille et les citoyens pour qu'il y ait un tiers choisi à la discrétion des parties.

Le cadre légal de la Médiation familiale judiciaire s'est développé grâce à un fort courant d'acteurs locaux relayés par une volonté politique qui s'est traduite par la création du Conseil National Consultatif de la Médiation Familiale dissous aujourd'hui et par un certain nombre d'actes législatifs. Pour faciliter la recherche par les parents de l'exercice consensuel de l'autorité parentale, pour permettre l'exercice des droits de filiation du parent non gardien (père ou mère) et pour favoriser l'exercice des droits de visite et de bon déroulement de la garde alternée, le juge peut leur proposer une mesure de médiation et, après avoir recueilli leur accord, désigner un médiateur familial pour y procéder. Il peut aussi leur enjoindre de rencontrer un médiateur familial qui les informera sur l'objet et le déroulement de cette mesure. Devant certains tribunaux la " double convocation " fait partie de ce mouvement.

Le développement de la Médiation ne sera pas la solution permettant à l'institution judiciaire d'absorber une grande quantité du contentieux mais une nouvelle culture dans la gestion des conflits. Les juges redécouvrent que leurs décisions ne s'appliquent que si les parties ne parviennent pas à un meilleur accord que la solution judiciaire. L'autonomie de la volonté, principe fort du droit contractuel est réintroduit pour faire passer le justiciable de la position d'assisté à celle d'acteur de sa propre histoire.

La Médiation permet de découvrir, en quelque sorte, le pluralisme des solutions judiciaires.

Comme le dit Michel Foucault, il faut recentrer le plus possible la justice sur ses fonctions hautes et laisser, en dessous d'elle, fonctionner des mécanismes extrajudiciaires ou parajudiciaires.

La mutation de la famille entraîne la recherche de nouvelles formes de parentalité constituant des repères dans un contexte de désaffiliation. La " famille conjugale " vient remplacer la famille traditionnelle où l'autonomie par rapport à la parenté n'était pas recherchée. La famille contemporaine exige une qualité relationnelle suffisamment satisfaisante, laquelle conditionne le maintien de la vie commune. Ces exigences de gratifications affectives engendrent les effets inéluctables de l'éclatement des familles et donc la nécessité de repenser les places et rôles de chacun, ainsi que de redéfinir la famille à partir des nouvelles formes d'unions familiales qui se sont créées.
L'abolition de la puissance paternelle au profit de la notion d'autorité parentale conjointe, la confusion entre couple parental et couple conjugal, la survalorisation de la place octroyée à l'enfant pour le bien-être du couple et de la famille accentuent les diversités des problématiques familiales. Ces transformations de la sphère familiale tant sur les plans politique que juridique, affectif et social concernent beaucoup de spécialistes qui, chacun, en fonction de la spécificité de son approche et du secteur particulier où il exerce, est conduit à élaborer des représentations et des pratiques opérationnelles selon un angle d'approche partielle de la famille.

Aussi, la Médiation (familiale) doit devenir un projet politique de changement de culture entre l'état, la société civile, la famille et les citoyens. Au risque de paraître anachronique ne faut-il pas rappeler que la meilleure médecine est celle qui prévient non celle qui guérit ?