Cela ne veut absolument pas dire qu’il faille à tout prix sauver la famille ou, au contraire la faire éclater.

A des degrès différents, psychiatres, psychothérapeutes et psychologues sont toujours amenés à tenir compte du groupe familial des patients.

Mais, depuis l’apparition de la thérapie familiale en France, autour des années 1978, le professionnel de la santé mentale, quels que soient leurs référents théoriques, sont de plus en plus amenés systématiquement à travailler avec les familles. Dans ces conditions, que devient alors la spécificité du thérapeute familial systémique ?

1 - elle nous semble être caractérisée par la recherche d’imbroglios familiaux

En effet, les imbroglios familiaux créent des dysfonctionnements aboutissant éventuellement à l’échec scolaire, à l’anorexie ou à la psychose d’un membre de la famille

Une entrevue familiale peut, dès le départ, nous permettre de situer rapidement les divers protagonistes du conflit, que l’on choisisse une thérapie individuelle pour le patient attenit, ou un travail collectif avec l’ensemble du groupe familial, vivant ou non sosu le même toit. Elle permet enfin de savoir, en termes d’indication clinique, ce que la famille est prête à vivre, et ce qu’elle peut accepter comme contrat thérapeutique.

2 - Par la compréhension de la fonction du symptome même s’il nous fait souffrir, un symptome sert à quelque chose. Nous ne le savons pas toujours. Savoir à quoi sert un symptome permet au patient de chercher lui-même d’autres solutions possibles à ses difficultés

3 - une entrevue familiale a pour objectif

- d’établir une évaluation sur le fonctionnement du système familial en présence,

- de permettre à la famille de reconnaître cette évaluation,

- de l’orienter et de l’accompagner dans la réalisation des changements souhaités.

4 - par un protocole thérapeutique spécifique un contrat d’une dizaine de séances espacées de 2 à 3 semaines, conduites par deux thérapeutes.

Il est difficile de parler en termes d’indication et de contre-indication. Toutefois, l’approche de thérapie familiale systémique semble être de plus en plus utilisée en matière de toxicomanie, d’anorexie et de troubles de la conduite alimentaire, de violence, maltraitance et abus sexuel, de conflits à l’adolescence, de crise conjugale.

Face à des problèmes de jeunes enfants, thérapie familiale systémique et thérapie individuelle peuvent être complémentaires.

Vous pouvez lire «La guérison familiale» Salvador Minuchin, ESF Editeur - "Grandir avec ses enfants", Nicole Prieur, Marabout

constat énoncé dès 1936 par LEUBA, à la 19ème conférences des psychanalistes de langue française : «Ce n’est pas nécessairement celui qui rend la vie intenable à l’entourage qu’il faut traiter».

Souvent les thérapeutes ont l’impression de ne pas «soigner la bonne personne», et observent que la personne symptôme, c’est-à-dire celle pour laquelle on vient consulter, est le bouc émissaire d’une pathologie familiale. Elle est parfois un rempart pour un membre plus désarmé qu’elle, et souvent le groupe familial en soutient subtilement les symptômes.

Cette constation nous amène à dire que la maladie mentale et les dysfonctionnements socio-familiaux sont des jeux qui se jouent à plusieurs.

Travailler sous l’angle de la thérapie familiale consiste à reconnaitre que le groupe familial constitue, dans notre société, une unité sociale que nous ne pouvons gommer, unité qu’il faut constamment évaluer en psychopathologie.

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